Colloque « L’an 1 de la protection de la haute mer. Les Nations s’unissent pour l’Océan« 

2 juin 2026

Paris, le 18 juin 2026

Avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, l’AFNU a organisé le 2 juin 2026, Maison de l’Amérique latine, le colloque « L’an I de la protection de la haute mer. Les Nations s’unissent pour l’Océan », s’inscrivant dans le prolongement des engagements pris dans le cadre de l’UNOC3 (Nice, juin 2025) et dans la perspective de la COP 1 (janvier 2027) du traité sur la haute mer, dit BBNJ.

Sous les auspices de M. Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur, Envoyé spécial du Président de la République pour les Pôles et l’Océan, le colloque a été ouvert par M. Jean Maurice Ripert, Ambassadeur de France, président de l’AFNU et Mme Françoise Gaill présidente d’Ocean Sustainability Foundation et cofondatrice de l’IPOS.

Trois tables rondes, auxquelles se sont joints plusieurs groupes d’étudiants pour les Nations Unies partenaires de l’AFNU (HEC, Sciences Po Paris, Sciences Po Lille, Sciences Po Reims, CentraleSupelec, Sorbonne Université, Université Paris-Panthéon-Assas), ont réuni dix intervenantes et intervenants de haut niveau : Charles Tellier, adjoint de l’Ambassadeur pour les Pôles et l’Océan ; Marina Lévy, directrice de l’Institut de l’Océan, Alliance Sorbonne Université ; Patricia Ricard, présidente de l’Institut océanographique Paul Ricard ; Sandrine Barbier, directrice adjointe des affaires juridiques du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ; Anca Leroy, négociatrice ONU “BBNJ”, ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature ; Bleuenn Guilloux, chaire de professeur junior en droit de la mer et de l’environnement (LIENSs, La Rochelle université) ; Phénia Marras, chargée de mission milieu marin, ingénierie de projet pour la coopération internationale à l’Office français de la biodiversité ; Denis Bailly, Senior Fellow, Université des Nations Unies; Frédérique Chlous, Directrice générale déléguée du Muséum national d’Histoire naturelle ; Marine Lecerf, Responsable du Plaidoyer International, Plateforme Océan & Climat. Jean-Pierre Tardieu, pour l’AFNU, a clôturé les débats, ainsi qu’Emmanuel Pasco-Viel, adjoint Sous-Direction SAI, Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature pour les mots de conclusion.

Tout en retraçant les acquis de l’UNOC3, les interventions comme les discussions qui les ont suivies ont permis de mettre en exergue les éléments essentiels du traité BBNJ et de souligner les défis que devra assumer la société internationale pour en atteindre les objectifs.

    En premier lieu, aussi bien l’UNOC3 de Nice que le traité BBNJ démontrent s’il en était besoin que l’ONU et le multilatéralisme sont bien vivants et plus utiles que jamais dans cette époque tourmentée, malgré les attaques dont ils sont l’objet. Comme le fait l’AFNU, il convient d’en souligner avec force les succès.

    Un autre aspect de la dynamique multilatérale, spécialement dans le processus d’élaboration de grandes conventions internationales comme le traité BBNJ, est le rôle de plus en plus marquant de la société civile : un cheminement dans lequel la diplomatie accompagne les scientifiques.

    À Nice, l’UNOC3 a fait émerger l’expression d’un sentiment d’urgence à agir pour la protection de la haute mer et des fonds marins, partagé par 175 États au premier rang desquels un groupe d’une trentaine d’États rassemblés sous la bannière d’une coalition initiée par la France, les Pionniers de l’Océan (Ocean Pioneers).

    Avant l’UNOC3, la recherche d’un indicateur unique pour l’océan, destiné à être le pendant de l’objectif plafond des 1,5°C de réchauffement des continents, n’a pas abouti. La solution alternative trouvée a été celle du Baromètre Starfish, piloté par des scientifiques, fondé sur des relevés scientifiques prouvés et permettant d’accéder à une vision d’ensemble de la santé de l’océan mondial et de ses interactions sur le climat (précisons que l’édition 2026 du baromètre vient d’être publiée le 8 juin et dresse le constat global « d’un océan dont l’état continue de se dégrader , avec même les premiers signes d’accélération »).

    Cette « diplomatie bleue » travaille à une vision globale de l’océan dont la gouvernance est aujourd’hui fragmentée entre une diversité d’institutions. Le traité BBNJ est un accord ambitieux, longuement négocié et qui préserve sa future universalité en permettant à des États initialement réticents à le rejoindre. Il comporte en outre les éléments propres à assurer sa soutenabilité financière.

    Il constitue un programme, une feuille de route, dont les éléments ne sont pas figés dans le marbre mais évolutifs.

    Il est une convention du vivant, protectrice de la biodiversité de l’océan qui prend en compte de nouvelles ressources qui ne sont plus maritimes mais marines : les ressources génétiques, définies comme ressources biologiques issues du milieu marin et susceptibles d’être utilisées en biotechnologie.

    Il met en œuvre un principe fondamental de partage des données acquises sur ces ressources, considérées comme un bien commun de l’humanité. Il s’agit d’un objectif-clé du traité. Le principe de partage s’étend également aux revenus tirés de ces ressources.

    Au demeurant, la conservation des données et leur interopérabilité, puis leur valorisation seront autant de défis à affronter dans la pratique du traité.

    Il comprend un mécanisme mondial permettant de créer désormais des aires marines protégées (AMP) en haute mer, avec des procédés innovants de gouvernance, ce que le droit international de la mer ne permettait pas jusque-là. Ces AMP pourront prendre en compte différentes formes de savoirs et les enjeux culturels autochtones.

    Le lien entre climat et traité BBNJ est encore à construire. Créer des synergies avec les autres conventions internationales sera une mission très importante.

    Ces quelques points laissent entrevoir la richesse des interventions et des échanges auxquels le colloque a donné lieu. Une publication condensée des différentes contributions des intervenants et intervenantes est prévue à la rentrée de septembre 2026.